Le fibrome utérin, la maladie gynécologique la plus fréquente

Publié le 21 janvier 2026

Issue des cellules musculaires, cette excroissance toucherait une patiente sur deux, entre 30 ans et 50 ans. Mal connue, elle peut rester asymptomatique ou provoquer douleurs, saignements et complications gynécologiques.

« J’avais 33 ans. Un jour, une douleur brutale m’a plaquée au sol… On m’a alors diagnostiqué un fibrome utérin », raconte Angèle Mbarga, présidente de l’association Fibrome Info France. Le temps de comprendre pleinement cette pathologie et de trouver le chirurgien qui lui convenait, elle a été opérée deux années plus tard.

Cette tumeur bénigne se développe sur la paroi de l’utérus. Elle concerne de nombreuses femmes, entre 30 ans et 50 ans. « Nous estimons qu’un tiers en souffrent, mais que 50 % sont touchées », détaille le professeur Céline Chauleur, cheffe de service de gynécologie-obstétrique au CHU de Saint-Étienne.

Les fibromes peuvent ne déclencher aucun symptôme et être découverts lors d’une échographie. Lorsqu’ils se manifestent, ils provoquent des règles abondantes, des saignements en dehors du cycle, des douleurs pelviennes, de la constipation… voire une infertilité. Ces excroissances causent parfois une anémie par carence en fer et, en cas de grossesse, une fausse couche ou un accouchement prématuré. Parmi les complications figure aussi la nécrobiose aseptique du fibrome utérin : il se tord ou se détruit en partie, déclenchant une vive douleur – comme dans le cas d’Angèle Mbarga.

Des traitements médicaux limités

On ignore encore les causes exactes du développement de cette maladie, mais on connaît son lien avec les hormones. Certains facteurs de risque sont identifiés : l’exposition aux perturbateurs endocriniens, l’ethnie (les femmes africaines et antillaises sont davantage atteintes), l’absence de grossesse passée, le diabète, l’hypertension artérielle, le surpoids et l’obésité.

Les traitements dépendent des symptômes, du nombre, de la taille et de la localisation des fibromes, de l’âge de la patiente, de son désir de maternité… Une surveillance médicale peut suffire. Puis, à la ménopause, le plus souvent, les excroissances diminuent.

En cas de gêne, en première intention, les médecins prescrivent des contraceptifs pour réduire les règles, sur de courtes durées. Il existe un risque augmenté de méningiome associé à l’utilisation de certains progestatifs, sur le long terme. D’autres traitements commencent à être employés, « notamment le Ryeqo, indiqué aussi pour l’endométriose, reprend la spécialiste. Il induit une ménopause artificielle temporaire. Il pourrait prochainement être remboursé pour les fibromes ». Certains médicaments permettent par ailleurs de réduire les saignements ou de diminuer la douleur.

fibrome uterin

Première cause d’ablation de l’utérus en France

Une chirurgie peut être envisagée. Elle consiste à enlever seulement le fibrome ou, dans les cas plus complexes, l’utérus. Cette pathologie est la première cause d’hystérectomie en France.

Des alternatives existent, comme l’embolisation artérielle : une injection de produit permet d’obstruer les vaisseaux qui alimentent le fibrome. Une destruction de l’endomètre, pour les femmes qui n’ont plus de désir de grossesse, est possible. Enfin, la radiofréquence est de plus en plus proposée. Une aiguille est plantée dans l’excroissance, sous guidage échographique. Les ondes émises ensuite détruisent les cellules, entraînant la réduction du fibrome. Mais à la suite de ces traitements conservateurs, un suivi médical reste nécessaire, car la maladie a tendance à récidiver

douleurs fibrome uterin

Après cette expérience douloureuse, Angèle Mbarga a fondé l’association Fibrome Info France en 2011 pour « sensibiliser le grand public et accompagner les patientes ». Elle estime que les règles très abondantes ou douloureuses sont encore fréquemment banalisées, retardant le diagnostic. Le professeur Céline Chauleur incite « toute femme qui saigne anormalement à consulter un gynécologue. Le spécialiste doit en rechercher la cause, au moins avec une échographie ».

Auteur

  • Clémentine Delignières | France Mutualité N° : 658

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