La santé mentale est aujourd’hui reconnue comme une priorité nationale, déclarée grande cause nationale par le Gouvernement en 2025 et reconduite en 2026. Cette priorité concerne également le monde professionnel, où le travail occupe une place centrale dans notre quotidien : il peut être une source d’épanouissement, de motivation et de reconnaissance. Toutefois, il peut aussi exposer à des risques importants pour la santé mentale, appelés risques psychosociaux (RPS).
Ces risques regroupent l’ensemble des facteurs liés à l’organisation du travail, aux relations professionnelles et au contexte de l’entreprise, susceptibles d’avoir un impact sur la santé psychique et physique des salariés.
Les risques psychosociaux sous toutes leurs formes
Les risques pour la santé mentale au travail sont nombreux et variés. Ils peuvent être liés à la nature même de l’emploi, aux conditions de travail ou encore au fonctionnement de l’organisation.
Parmi les principaux facteurs de risque, on retrouve une charge de travail excessive, des rythmes soutenus ou un manque de personnel. À l’inverse, la sous-utilisation des compétences ou le sentiment d’être sous-qualifié peuvent également générer un mal-être.
Les horaires de travail jouent aussi un rôle important, notamment lorsqu’ils sont longs, rigides ou incompatibles avec la vie personnelle. Le manque d’autonomie, l’absence d’influence sur les tâches ou des missions mal définies peuvent accentuer le stress et la perte de sens.
Les relations professionnelles sont également déterminantes. Un manque de soutien des collègues, un management autoritaire, ou encore une culture d’entreprise tolérant des comportements négatifs peuvent dégrader fortement le climat de travail. Dans les situations les plus graves, cela peut aller jusqu’à des violences, du harcèlement, de l’intimidation, de la discrimination ou de l’exclusion.
Enfin, des facteurs comme l’insécurité de l’emploi, un salaire insuffisant, l’absence de perspectives de carrière ou encore le déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle viennent renforcer ces risques.

Un impact réel sur la santé et la société
L’exposition aux risques psychosociaux peut avoir des conséquences importantes sur la santé des salariés. Elle peut entraîner du stress chronique, de l’anxiété, des troubles psychiques ou encore un épuisement professionnel (burn-out). Elle peut également favoriser l’apparition de maladies physiques.
Les chiffres montrent l’ampleur du phénomène. En France, 45 % des actifs déclarent devoir se dépêcher régulièrement dans leur travail, et 27 % affirment devoir cacher leurs émotions. Par ailleurs, 30 % des salariés indiquent avoir subi un comportement hostile au travail au cours de l’année écoulée.
À l’échelle mondiale, la dépression et l’anxiété entraînent chaque année la perte d’environ 12 milliards de journées de travail, représentant un coût estimé à 1 000 milliards de dollars selon l’Organisation mondiale de la Santé. En France, les maladies psychiques d’origine professionnelle ont augmenté de 25 % en 2023, avec 12 000 accidents du travail liés aux RPS.
Le chômage, l’insécurité financière ou la perte récente d’emploi constituent également des facteurs de risque majeurs pour la santé mentale, pouvant aller jusqu’à augmenter le risque de suicide

Les solutions et les interlocuteurs au travail
La prévention des risques liés à la santé mentale au travail repose avant tout sur la reconnaissance des situations de souffrance et la mobilisation de solutions adaptées. Lorsqu’un salarié se sent en difficulté, il est essentiel de ne pas rester isolé. Échanger avec un collègue de confiance ou son manager de proximité peut constituer une première étape pour exprimer son mal-être et trouver un soutien au sein même de l’environnement professionnel.
Le médecin du travail joue un rôle central dans la prévention et la prise en charge des troubles psychiques liés au travail. Il est l’interlocuteur privilégié pour évaluer la situation, proposer des aménagements de poste ou orienter vers des dispositifs adaptés. Dans certaines structures, un service de santé au travail peut également accompagner les salariés en difficulté et contribuer à améliorer les conditions de travail.
En complément, il est possible de consulter son médecin traitant ou un professionnel de santé (psychologue, psychiatre) afin d’obtenir un suivi médical et un accompagnement personnalisé. Les représentants du personnel peuvent aussi être sollicités : ils ont pour mission de relayer les problématiques rencontrées par les salariés et de participer à la mise en place d’actions de prévention.
Par ailleurs, des dispositifs d’écoute sont accessibles à tous, gratuitement et de manière anonyme. Ils permettent de bénéficier d’un soutien immédiat et, si nécessaire, d’une orientation vers des structures spécialisées. Parmi eux :
- 3114 :Numéro national de prévention du suicide
- 0 800 858 858 : Croix-Rouge Écoute
- 0 800 130 000 : Soutien psychologique national
- 09 72 39 40 50 : SOS Amitié
Ainsi, prévenir la dégradation de la santé mentale au travail passe par une démarche collective et individuelle : parler, se faire accompagner et mobiliser les ressources disponibles sont des actions essentielles pour préserver son bien-être psychologique.
Sources
OMS : La santé mentale au travail
Parlons santé mentale : La santé mentale au travail – Parlons santé mentale ! | info.gouv.fr
Droit du travail France.fr : Burn-out, Bore-out, Brown-out, savez-vous les différencier ?
Info.gouv : La santé mentale au travail – Parlons santé mentale ! | info.gouv.fr