Parler du suicide n’augmente pas le risque de passage à l’acte : poser la question peut au contraire ouvrir le dialogue et permettre d’orienter vers une aide adaptée. Toute expression d’idées suicidaires doit être prise au sérieux. Le 3114 peut être contacté gratuitement, 24h/24 et 7j/7. En cas de danger immédiat, contactez le 15 ou le 112.
Chaque année, le 10 septembre marque la Journée mondiale de prévention du suicide. Cette journée constitue un temps fort pour sensibiliser à la santé mentale, lutter contre les idées reçues et rappeler l’importance de l’écoute et de l’accompagnement des personnes en souffrance.
En 2026, l’Organisation mondiale de la Santé poursuit le thème « Changing the Narrative on Suicide », soit « changer le récit autour du suicide », accompagné de l’appel à l’action « Start the Conversation ». L’objectif est notamment de réduire la stigmatisation et de favoriser des échanges plus ouverts et bienveillants autour de la souffrance psychique.
Pour les agents territoriaux, leurs proches, mais aussi les retraités et plus largement l’ensemble de la population, cette journée rappelle une chose essentielle : la santé mentale concerne tous les âges et toutes les situations de vie.
Le suicide reste un enjeu majeur de santé publique
À l’échelle mondiale, plus de 720 000 personnes meurent par suicide chaque année, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Le suicide constitue également la troisième cause de décès chez les 15-29 ans dans le monde.
En France, Santé publique France a recensé 8 848 décès par suicide en 2023, correspondant à un taux standardisé de 13 décès pour 100 000 habitants. Ce taux a diminué de 4 % par rapport à 2022. Cette évolution doit néanmoins être interprétée avec prudence : sur les cinq dernières années disponibles, les taux de décès par suicide sont considérés comme globalement stables au niveau national.
En parallèle, d’autres indicateurs montrent que la souffrance psychique reste très présente. En 2024, 5,2 % des adultes de 18 à 79 ans déclaraient avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois. Santé publique France a également recensé 97 302 hospitalisations pour geste auto-infligé en 2024, soit une hausse par rapport à l’année précédente.


Source : Santé publique France – réseau OSCOUR®, surveillance des passages aux urgences pour geste suicidaire.
Une vigilance nécessaire à tous les âges :
Nombre hebdomadaire de passages pour geste suicidaire :
Le graphique de Santé publique France permet d’observer les passages hebdomadaires aux urgences pour geste suicidaire selon différentes classes d’âge. Les volumes sont notamment importants chez les adultes de 15 à 44 ans, mais les données montrent également une présence régulière des personnes âgées de 65 ans et plus parmi les passages recensés.
Ces données ne doivent pas être confondues avec le taux de mortalité par suicide. Elles permettent toutefois de rappeler que les conduites suicidaires ne concernent pas uniquement les populations les plus jeunes.
Cette vigilance est d’autant plus importante que les données de mortalité montrent une vulnérabilité particulière chez certains seniors. En 2023, chez les hommes, les 65 ans et plus présentaient le taux de décès par suicide le plus élevé, avec 37 décès pour 100 000 hommes, devant les hommes âgés de 45 à 64 ans, avec 29 décès pour 100 000.
Chez les seniors, accompagner aussi les périodes de fragilité
Vieillir peut s’accompagner de nombreux changements : départ à la retraite, perte d’autonomie, problèmes de santé, deuil, éloignement des proches ou encore sentiment d’isolement. Ces situations ne conduisent évidemment pas systématiquement à une détresse psychologique, mais elles peuvent constituer des périodes de fragilité pour certaines personnes.
C’est pourquoi la prévention passe aussi par la capacité à repérer une modification inhabituelle du comportement, à maintenir le lien social et à favoriser l’accès à une aide professionnelle lorsque cela devient nécessaire.
Une personne en souffrance n’a pas toujours la capacité de demander spontanément de l’aide. Un proche, un collègue, un professionnel de santé ou simplement une personne attentive peut alors jouer un rôle important en ouvrant le dialogue.
Parler du suicide, c’est déjà agir
Oser demander à quelqu’un comment il se sent, prendre le temps de l’écouter ou lui proposer de chercher de l’aide ne nécessite pas d’être un professionnel de santé.
Il ne s’agit pas non plus de chercher à établir soi-même un diagnostic ou de trouver toutes les solutions. Lorsqu’une personne évoque des idées suicidaires, celles-ci doivent toujours être prises au sérieux et il est recommandé de solliciter l’aide d’un professionnel formé à leur évaluation.
C’est justement l’un des messages de la Journée mondiale de prévention du suicide 2026 : remplacer progressivement le silence et la stigmatisation par l’écoute, l’empathie et la possibilité de demander de l’aide.

Le 10 septembre, mais aussi toute l’année
La Journée mondiale de prévention du suicide permet de mettre en lumière un sujet qui doit rester une préoccupation tout au long de l’année.
Si certains indicateurs de mortalité ont récemment diminué, les données disponibles montrent qu’il est encore nécessaire de rester vigilant, à tous les âges de la vie. Chez les jeunes comme chez les personnes âgées, la prévention repose sur plusieurs leviers complémentaires : maintenir le lien, libérer la parole, reconnaître la souffrance et faciliter l’accès à des professionnels compétents.
Écouter, accompagner et orienter peuvent constituer les premières étapes vers une aide adaptée.
Sources officielles
- OMS – Journée mondiale de prévention du suicide 2026 : Consulter
- OMS – Suicide : questions-réponses : Consulter
- Santé publique France – Conduites suicidaires, bilan 2024 : Consulter
- Santé publique France – OSCOUR®, bulletin du 12 août 2025 : Consulter
- Ministère de la Santé – Crise suicidaire : que faire ? : Consulter
- Mutame & Plus – Assistance et accompagnement psycho-social : Consulter